Je me suis, depuis très jeune, intéresse au monde de la radioélectricité en pratiquant quelques bidouilles, quelques hacks de postes récepteurs, afin de pouvoir écouter autre chose que ce à quoi il était destinés à l’origine, sans d’ailleurs totalement comprendre ce que je faisais, en terme d’électronique par exemple. J’ai évolué petit à petit dans ce milieu en pratiquant la CB ou Cibi (Citizen Band) lors de sa grande époque début des années 90. Outre le fait de discuter avec des copains de la région je m’intéressais à la technique et essayais de comprendre « comment ça marche ? » . De fil en aiguille j’ai réalisé, ce qui pour moi est le plus simple en terme de « constructions radio » : les antennes. Grâce à de petites réalisations, j’ai goûte au coté magique de la radio un beau soir d’été en réalisant un contact avec l’île de la Réunion malgré des moyens relativement simples.
Parallèlement à ceci, j’ai eu mon premier ordinateur et je m’amusais beaucoup à découvrir comment cela fonctionne, puis en 1995, j’ai eu accès pour la première fois à Internet. De la en découle énormément de temps passé, de découvertes, de rencontres (déjà en 96 je passait beaucoup de temps sur IRC, les forums et les newsgroups) ce qui pendant quelques années, il est vrai, m’a un peu éloigné de la radio.
Puis début des années 2000 je me suis équipé d’un petit récepteur toute bandes et, parallèlement à ma passion pour l’informatique et les réseaux, je faisais de l’écoute radio (un peu de tout ce que l’on peut écouter: amateurs, aviation civile, divers services, décodage de transmissions numériques… ), la CB étant devenu quasiment morte en terme de fréquentation.
C’est seulement en 2008 que j’ai passé le cap auquel je songeait depuis 10ans, celui de passer l’examen en vue d’obtenir le certificat radioamateur. J’étais très motivé au moment de le passer puisque j’avais fait des rencontres autour d’un sujet qui m’a tout de suite passionné, celui de la recherche des ballons sondes (voir chasseurs-ballons.org). En un mois j’ai passé et réussi l’examen. Mon certificat en poche j’ai rencontré beaucoup de gens de ce milieu, découvert énormément de choses dans ce que je définirai d’un vaste monde ouvert aux sciences : l’électricité, l’électronique, la radioélectricité, la météo, l’informatique, l’astronomie et bien d’autres disciplines… Bref, des passionnés largement ouverts dans des dizaines de domaines, une certaine culture du partage de la connaissance, des « fous » créateurs et innovent, des techniciens hors pairs qui font beaucoup de chose avec parfois peu de moyens…
En France, il y à en 2011, moins de 15000 radioamateurs, le débat qui est encore et toujours d’actualité est « pourquoi si peu, et surtout en régression permanente dans un pays pionnier du radioamateurisme ? (alors que d’autres Pays s’en sortent très bien)« . Je n’ai pas vraiment de réponses à cette question. J’ai entendu certains anciens rejeter la faute sur l’Internet où « la magie » de pouvoir discuter avec l’autre bout de la planète par radio n’a plus guerre d’intérêt lorsque l’on peux faire la même chose avec un logiciel de messagerie instantanée. D’autres pensent que l’intérêt pour les sciences en particulier chez les jeunes, est quasiment nul… Je n’en suis pas totalement sur…
L’objet de ce billet est particulièrement là ou je veux en venir maintenant. Je fréquente d’un coté ces radioamateurs, qui survivent et dont certains font beaucoup de choses très intéressantes techniquement, et d’un autre le monde de l’Internet, ce mode numérique de cyberculture, plus particulièrement celui des geeks et des hackers. Ceux qui ont un intérêt débordant pour la technique et les bidouilles, ceux qui ont toujours envie de savoir « comment ça marche ? Et pourquoi ? », ceux qui ont soif de culture scientifique. Chacun avec ses domaines favoris, pour certains c’est les réseaux, d’autres le hardware et l’électronique, d’autres encore le développement mais beaucoup sont loin d’être fermés à la partie qu’ils pratiquent le plus . Je pense également à l’esprit de toutes ces communautés du libre.
D’autres part, les hackerspaces commencent à fleurirent timidement en France et lorsque je découvre un peu les activités qui y sont faites je vois des gens qui bricolent, bidouillent, tout un ensemble de chose qui me font clairement penser à ce qu’il se passe dans les radio-clubs radioamateurs où certains font, bien entendu, de la radio et des activités de réalisation autour de la radio, mais aussi, d’autres choses, pour ne prendre que quelques exemples : de l’électronique, de la programmation en C et de micro-contrôleurs, de l’informatique.
Je suis persuadé que ces deux univers de passionnés peuvent trouver des centres d’intérêts communs, des points de convergence au niveau technique afin de partager de la connaissances et de collaborer sur divers projets ! L’un apportant à l’autre de nouveaux horizons et une aide partagée. De plus, la législation radioamateur, bien qu’avançant lentement, va permettre de plus en plus d’activités en relation avec le numérique et les réseaux.
Pour finir, les problématiques des hackers incompris en France et ceux des radioamateurs qui voient leurs nombre diminués et plus généralement cette perte d’intérêt pour la technique et les sciences dans quelque passion que ce soit, sont pour moi, les mêmes. La question est donc pourquoi pas un rapprochement de ces communautés philosophiquement fondés sur un esprit assez proche ?
Je termine sur cette question, ce billet est une simple réflexion que je me suis faite, finalement pourquoi ne pas la publier si cela peut susciter des réponses aux questions ou tout simplement le moindre attrait et la curiosité pour les lecteurs d’aller découvrir le monde des hackers ou celui des radioamateurs…